La passion des plantes de jardins et de la montagne

ont amené naturellement Dominique Brochet à effectuer, dans la fin des années 70, ses premiers stages d'études supérieures horticoles en région Rhône Alpes et notamment au jardin alpin de la Jaÿsinia à Samoëns, dans le Chablais à l'ouest de Chamonix.

Le thème de fin d'études "l'adaptation des ligneux en milieu montagnard" fut un des piliers de la philosophie des pépinières Brochet Lanvin.

Quelques années plus tard, le jeune couple Brochet Lanvin tenta de s'installer en Haute Savoie.                                                                 

C'est en fait en Champagne, en montagne de Reims que se développa la culture des saxifrages dont voici un classement simplifié et concernant les groupes ( sections)  les plus cultivés :

1. Les 5 sections de saxifrages les plus couramment cultivées :

  

Le genre Saxifraga et ses nombreuses espèces (300 à 480) sont répartis dans tout l’hémisphère Nord, en zones arctique et tempérée jusqu’en Thaïlande, Chine, Himalaya, Iran, Ethiopie, Maroc et Madère et jusqu’en Terre de feu à travers les Rocheuses et les Andes. Elles (genre féminin comme les androsaces ou les primevères ; autres grands genres alpins) aiment tous une ambiance fraîche, au moins à un moment de la journée et un sol non asphyxiant même quand certains ont les pieds dans l’eau au bord d’un torrent hyper oxygéné pendant quelques semaines de l’année.

Elles sont intéressantes -pour le jardinier non spécialiste, dans cinq de ses sections :

 

1/ La section porphyrion :

Les kabschia, Saxifraga 'Mother of Pearl'

les Saxifraga engleria (à feuille aplatie) Saxifraga 'Wisley'

et Saxifraga oppositifolia.

Origine : Alpes, Pyrénées, Balkans, Caucase, Himalaya.

De vraies plantes de montagnes : elles croissent de 2500 m à 5000 m, dans des endroits dégagés sans ombrage excessif mais sans chaleur extrême. Le besoin de fraicheur en végétation et donc au printemps alpin est important. Ce printemps suit la fonte nivale et peut être fin juillet à 2500m ou fin décembre suite à un réchauffement en plein hiver en plaine où cette floraison peut donc être très précoce.

Le besoin de drainage en hiver est tout aussi important. Sous la neige, tout est atténué ; humidité et sécheresse, froid et chaud.

La plupart tolère le calcaire, l’himalayen S. lilacina non.

 

2/ La section ligulatae :

Les saxifrages à incrustations (calcaires). Saxifraga paniculata 'Cream'

Origine : l’Europe.

Ce sont des plantes évidemment (sauf S. cotyledon !) bien adaptées aux sols calcaires et aux amplitudes thermiques et hygrométriques fortes. S.paniculata (ancien aizoon) est la plus rencontrée.

Les floraisons sont moins précoces que les kaschias et en général blanches.

 

3/ La section gymnopera (ancien robertsoniana)

Les « désespoirs du peintre » hors, Heuchera un autre genre pas très éloigné.

Origine : ibérique essentiellement avec S. umbrosa et l’hybride plus courant S. x urbium     .    Saxifraga urbium 'Clarence Elliott'

S. cuneifolia croit plus largement dans les Alpes.

Elles ont besoin de zone ombragée mais supportent le plein soleil si l’endroit est frais.

La terre peut être sèche quelque temps si l’endroit est ombragé au nord de la Loire.

Elles supportent indifféremment terre acide ou calcaire.

 

4/ Le section cotylea (ancien diptera)

Saxifrages couvre-sol

Origine : Extrême Orient et Europe

Ces saxifrages comme S. stolonifera var cuscutiformis (Mother of Thousands)

ou S. cortusifolia de Chine et du Japon ou l’européen S. rotundifolia apprécient les terres humifères et les endroits ombragés.

 

5/ La section saxifraga (ancien dactyloides) sous-section triplinervum.

Saxifrages mousse

Origine : Europe.

Elles apprécient l’ombre et sont indifférentes au sol bien que le préférant humifère.

Séries des cespitosae : S. rosacea (S. decipiens) ou S. x arendsii

Séries des ceratophyllae comme S. trifurcata (ibérique).

 

              

 

2. La Haute vallée de l'Ardre et son climat frais permit d'adapter ces belles orophytes.

C'est aussi dans le Chablais à 1000m. dans un climat encore plus propice que sont conservées ces bijoux d'altitude.

Les voyages et périples dans tout l'arc alpin et les Pyrénées puis plus loin dans les Alpes Dinariques, la Sierra Nevada espagnol et jusque dans le Tian Shan kirghize ont permis de lier la pratique aux connaissance livresques et d'en partager le fruit, par des conférences notamment.

La SAJA (Société des amateurs de Jardins Alpins) permit aussi de progresser et c'est aussi presque naturellement que près de 40 ans plus tard, Dominique Brochet fut invité à présider cette société fondée il y a plus de 65 ans par Roger de Vilmorin et des botanistes alpins.

3. Le trek reliant les jardins alpins des Alpes françaises :

Ce long périple en altitude entre la Jäysinia à Samoëns, la Chanousia au Col du Petit St Bernard, le jardin alpin du Col du Mont Cenis et enfin celui du Col du Lautaret fut une sorte d'aboutissement mêlant engagement physique et amour de la flore et des paysages alpins.

Un livre est en préparation sur ce long parcours en montagne.

Les deux épisodes parues dans balades-randos en 2015 en donnent un avant goût ainsi que deux conférences pour la SAJA dont la deuxième en octobre 2017 .


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