L'évolution du jardin de la Presle

Ces plantes collectées et introduites depuis 30 ans en nos terres argilo calcaires, réputées froides l'hiver, du

Haut Tardenois en Champagne, ont transformé notre travail de jardinier pépiniériste passionné en celui de

collectionneur puis conservateur botanique.

Cette caverne d'Ali Baba commença donc à la Presle il y a trois décennies avec :

 

Un muret alpin

offert aux plantes de montagnes et à ses montagnards,

Une roseraie

dédiée au genre féminin,

La saulaie

vouée au genre humain tout entier tant le terme commensal colle si bien à cette plante : mobilier, fourrage et combustible, poudre à canon et aspirine - pollen et miel - stabilisateur et dépollueur de sols- chatons, bois de toutes les couleurs en hiver, ports et feuillages si divers en été...

Le saule est une plante magique !

Le fruticetum (arboretum d'arbustes)

nous a appris les bonnes familles et peut être les bonnes manières, en tout cas les bons genres plutôt chiches

que chics : tout d'abord les Spirées

et leurs voisines aux charmes frustes et tendres à la fois, blanc d'aubépine au printemps et plutôt roses en été

pour les plus éloignées issues du nouveau monde et d'extrême orient puis

les Seringats, leur rusticité et leurs parfums si divers,

les chèvrefeuilles pour les mêmes raisons et des coloris

plus variés, les Deutzia si proches des Seringats...,

Les Cornouillers, Sureaux, Troènes, Fusains ...

Le jardin de plantes vivaces herbacées                                 

est notre dessert aux mille plaisirs;  pas toujours facile à maîtriser à la création mais restant toujours frugal !

Puis vint la cage aux roses                    

ou "chambre d'amour" que tout oppose à la steppe d'altitude si austère et  minimaliste à la fois bien que notre

voyage botanique au Kirghistan, en 1998, nous aura au moins appris qu'un pays peut être aussi bien celui des

roses que des steppes désolées. 

Le jardin des natives du début du millénaire est devenu la « Swimming poules »

soulignant notre volonté de s'adjoindre la richesse et l'adaptation de la flore locale à notre œuvre horticole.

Les difficultés plus juridiques que techniques de ce projet lié à la culture de nos plantes locales nous ont

amené vers le monde animal (la basse-cour) et les notions de la permaculture et des recherches de synergie

que nous ne trouvions pas au niveau de nos administrations.

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L'envie de marquer les esprits et les sens nous a poussés à construire des nids de jardiniers

(des cabanes) dans les arbres

pour qu'ils s'y sentent acteurs et témoins des plaisirs simples de la cachette où on observe vibrer la nature.

On a relié deux de ces cabanes grâce à des passerelles souples pour faire devenir le jardinier écureuil,

oiseau, en tout cas dans la peau de la faune ou même d’un faune, prélude à des après-midi parfois musicaux

qui font découvrir le jardin de vivaces depuis le ciel.


L'avenir du jardin sera-t-il plus musical encore, plus ludique ou bacchique ?

Tout est possible !

Un jardin évolue en fonction de ses jardiniers !


                                                                                           


Réalisation Rhonalpcom